RIRES JAUNES 12 novembre
Un humour cynique, bête et méchant…

Le dopage a tout pourri ! Il n’y a qu’à se promener sur le net pour s’en rendre compte. Autrefois, les « forçats de la route » suscitaient l’admiration du populo et l’intérêt des investisseurs. Aujourd’hui, si le menu peuple des inconditionnels du Tour de France se masse toujours aussi nombreux sur le bord des routes empruntées par ce monument de l’imaginaire sportif, les sponsors se sont fait plus circonspects et plus rares.
En se « chargeant » comme des chevaux de trait, en s’injectant les milles et unes substances susceptibles de leur donner sinon des ailes, en tout cas plus de courage, plus de force, d’endurance et de confiance, les tricheurs ont miné la popularité de leur sport et sapé toute velléité d’admiration candide. La vénération se teinte désormais d’irrévérence et l’enthousiasme béat de moquerie et de cynisme.

Autrefois, dithyrambiques, les commentateurs de la geste cycliste louaient les mérites surhumains de Géants se ruant vers les sommets afin de disputer leur notoriété à des Dieux fatigués. Par le biais de louanges imprimées, de vénérations diffusées par la voi(x)e nasillarde des ondes radios puis par le biais d’images profondément émouvantes qui nous faisaient participer à la souffrance de héros dont nous découvrions qu’ils n’étaient que des hommes survoltés par l’ambition, l’alchimie de la vénération fonctionnait merveilleusement bien.
Dans ces contes épiques qu’on leur serinait chaque été, les petits garçons apprenaient à reconnaître les vertus viriles dont ils auraient besoin, plus tard, pour se lancer dans les « courses aux honneurs » auxquelles leurs compétences particulières les feraient participer. Devenus grands, leurs rêves de gloire ensevelis sous les poussières des contingences ordinaires, ils n’en continuaient pas moins de vouer un véritable culte à ces hommes extraordinaires qui, penchés sur leurs machines, sillonnaient l’Europe pour cueillir des bouquets de gloire.
Aujourd’hui, la magie ne fonctionne plus aussi bien et, derrière chaque exploit, le spectateur désabusé suspecte quelque tour de passe-passe dont il tente de démêler le secret. Longtemps abusé, l’admirateur de la chose cycliste est devenu désabusé, sinon amer. Si pour lui, autrefois, les commentaires des médias avaient force de loi, et si les classements semblaient gravés dans le marbre, il ne fait plus confiance, désormais, aux « commenteurs » dont il sait bien qu’ils ne sont devenus méchants que pour éviter d’être accusés de complicité. Pour ne plus risquer d’être dupe, le fana de vélo se fait cynique et devance la rumeur qu’il contribue aussi à véhiculer avec les simples imbéciles et les toujours mordants. C’est pour cela que sur le net, les rares blagues ayant pour thème le vélo sont quasi exclusivement centrées autour de la chimie de la performance. En voici quelques extraits :
MECHAMMENT CONCIS, TRISTEMENT REVELATEUR
- Comment appelle-t-on un cycliste qui ne prend pas de produit dopant ?
- Un amateur.
UNE ETRANGE VOCATION
Par une belle journée de juillet, dans l’appartement de Bagnolet où il passe d’immobiles vacances, un jeune garçon accueille ses parents avec enthousiasme et de la lumière plein ses quinquets.
- « Papa ! Maman ! je sais quel métier je veux faire ! Je sais ce que je ferais plus tard ! »
Etonnés, mais néanmoins ravis d’apprendre leur fils touché par la grâce d’une révélation, ses parents lui demandent qu’elle est donc cette vocation qui le fait tellement pétiller d’enthousiasme.
- « Je veux être Cycliste ! », leur claironne le bambin avec conviction. « Je serais champion du Tour de France ! » leur annonce-t-il d’un ton assuré.
La mère regarde le père avant de fondre en larmes. Le père regarde son épouse. Son sourire s’éteint, puis s’efface, ses épaules s’effondrent tandis que son teint devient gris. C’est à lui, en effet, qu’incombe la dure tâche de briser les rêves de gloire de son fils. Il se racle la gorge, puis se lance.
- « Ce n’est pas possible mon fils… »
- « Mais ils gagnent bien leur vie ! » contre-attaque aussitôt le fiston se méprenant sur les raisons de l’opposition de son père qui fut ouvrier consciencieux avant d’être victime d’un mauvais plan social puis d’être transporté en charrette jusqu’à l’ANPE d’où il ne ressort plus, désormais, que de loin en loin, pour assurer des tâches mal définies mais assurément toujours mal payées.
- « Oui, oui, bien sûr… », tente d’abord de l’apaiser son père avant d’assener son argument massue. « Mais tu sais bien que tu ne pourras jamais être un Champion cycliste… Tu ne supportes pas les piqûres. »
UNE IMAGE PAS TRES NETTE…
1 – C’est officieux, mais à vous, les coureurs, je peux déjà l’annoncer, l’équipe FESTINA a trouvé un nouveau sponsor : les shampooings « DOP ».
Une vanne symptomatique d’une époque et qui marque le début du désamour des financiers et des médias pour le sport cycliste…
2 – Les montres Festina ont quatre aiguilles. Il y a celle des heures, celle des minutes et puis celle des secondes. Enfin, il y a l’aiguille pour la seringue…









